17/03/2022

Pourquoi vivons-nous une pénurie des circuits intégrés électroniques ?

La pénurie des puces électroniques que nous connaissons depuis quelques mois ne cesse de faire ressentir ses conséquences sur le monde de l’industrie. Pénurie liée au Covid ou causes diverses ?

Jean-Pierre Raskin, professeur en micro-électronique à l’Université catholique de Louvain, nous a partagé les secrets de cette crise mondiale et ses enjeux économiques dans notre société techno-libérale.

 Présence technologique

Vous l’aurez remarqué, le smartphone est présent partout. Entre messages envoyés, vidéos visionnées ou photos prises, les technologies jouent un rôle clé dans notre vie quotidienne, par la réalité qu’elle nous fait partager.

Depuis des années, ces technologies ne cessent de croître, permettant ainsi aux objets électroniques de se connecter au réseau ou entre eux, sans intervention humaine.

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Mais derrière cette croissance se cache une réelle évolution de la société. Non seulement la fabrication de ces objets demande la présence d’une suite de matériaux, mais ils sont également très demandeurs de ressources.

« Dans 2-3 ans, nous parlerons de 50 à 60 milliards d’objets connectés »

Bien que la croissance de fabrication des objets connectés ne cesse d’évoluer, nous comptons, aujourd’hui, déjà près de 30 milliards d’objets, soit plus ou moins l'équivalent de 4 smartphones par personne.

A cette fabrication, s’ajoutent les données, sans lesquelles la création d’objets connectés n’a aucune valeur ajoutée. Nous parlons actuellement d’une croissance de données de 46% par an.

Les fonderies, quésaco ?

Les fonderies représentent le point névralgique de fabrication des puces micro-électroniques. Elles permettent de fondre, sublimer et déposer des fines couches de métal, ainsi que des diélectriques pour en créer un objet, ici, les puces.

TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company) est un exemple concret de fonderie. Elle permet la fabrication de 55% des puces électroniques du monde entier au sein de ses 15 usines, toutes réparties à Taiwan.

Dans ces usines, les étapes de fabrication sont nombreuses (1200), avec pour seul objectif de créer des puces plus petites mais toujours plus performantes.

Vous l’aurez compris, bien que le marché de la micro-électronique se porte bien avec une croissance de 9% par an, l’empreinte énergétique du domaine subit une augmentation de 16% chaque année, bien loin des accords de Paris, dont les recommandations s’orientaient vers une diminution de l’empreinte écologique de 5% par an par activité.

 L’Asie, leader de production ?

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Parts de marché de production des puces par société et pays

 Au travers de ce graphe, nous constatons que Taiwan représente le vrai leader en matière de production des puces électroniques, suivi par la Corée du sud avec le groupe Samsung.  L’Europe, quant à elle, ne détient que 12% du marché productif.

Cette répartition du marché a-t-elle toujours été comme ça ?

Les prédictions pour les 10 années à venir témoignent d’un investissement constant pour la Chine, Taiwan et la Corée du Sud. Dans les années 90, l’Europe et les Etats-Unis détenaient tous deux la première place de fabrication des éléments électroniques, avant de fermer les usines classées comme étant les plus polluantes.

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Cet article a été initialement publié le 7 mars 2022 par Rcarré.
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